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Bien que le pays soit un producteur " marginal " sur le marché mondial
(340 000 barils/jour soit 1% de la production mondiale en 2003), les hydrocarbures ont
constitué au cours des trente dernières années l'une de ses sources
principales de revenus. Jusque-là entre les mains de compagnies privées USA
telles que Gulf ou Texaco, les activités pétrolières sont passées
sous le contrôle de l'Etat entre 1972 et 1976, à travers une entreprise publique
qui s'appellera plus tard Petroecuador. On construit à Esmeraldas la première
raffinerie, tandis qu'est bâti le Système d'oléoduc transéquatorien,
le SOTE - depuis les champs pétrolifères de l'Orient jusqu'à la côte
pacifique, 503 kilomètres le long desquels transite un brut léger (29° à 30° API) à haute valeur commerciale. Cette politique soucieuse d'un développement autonome de la nation se modifie avec la venue à la présidence du social-chrétien León Febres Cordero (1984-1988), partisan de l'ouverture au capital étranger à travers les contrats de prestation de services.
En 1986-1987, les compagnies étrangères commencent à perforer les
" blocs " - d'environ 200 000
hectares chacun - que les autorités leur ont adjugés dans le bassin amazonien.
Elles font les premières découvertes de brut lourd (15° API), dont la valeur
marchande est bien au-dessous du brut léger. " Or il n'y a qu'un seul oléoduc,
le SOTE, par où passent, mélangés, le pétrole léger de
Petroecuador et le pétrole lourd des compagnies. A cause de ce mélange, l'Equateur
perd beaucoup d'argent sur les marchés. Quant aux compagnies, devenues
propriétaires de 80 % de leur production, elles voudraient extraire davantage de brut et
augmenter leurs profits. C'est sous leur pression qu'est né, il y a plus de dix ans, le
projet d'un nouvel oléoduc l'OCP. Tout de suite très controversé. "
Dans les années 1990, les indigènes relancent la protestation populaire contre la politique
libérale menée par des gouvernants, insensibles à une pauvreté touchant
près de 70 % des 12,5 millions d'habitants. Après le renversement du président
Jamil Mahuad, le 21 janvier 2000, le gouvernement de M. Gustavo Noboa souhaite achever la construction du
nouvel oléoduc.
Pourtant, qu'elle vienne de chefs d'entreprise, de syndicats, de
mouvements sociaux et politiques, d'organisations de défense des droits de l'homme, toute
contestation se voit disqualifiée. Le 15 février 2001, le consortium OCP limited,
regroupant des compagnies déjà à l'oeuvre, pour la plupart dans le bassin
amazonien, signe avec l'Etat équatorien le contrat d'autorisation pour la construction de
l'oléoduc. Parallèle au SOTE sur une longue partie du parcours, il restera aux mains
des compagnies pendant vingt ans.
Le tube d'acier devrait transporter chaque jour environ 400 000 barils de brut (en 2003), ce qui
doublerait la production du pays. Car, selon les transnationales, les réserves
prouvées sont considérables. " Grâce à l'OCP, 50 000 emplois au moins
seront créés ", annonce le ministre Pablo Terán. Cet espoir se révélera faux par la suite, puisqu'on en est à 9 000 emplois seulement, de surcroît temporaires et non qualifiés.
Mis en service en juin 2003, l'OCP a déjà connu quelques fuites non loin de
Campo Cocha, et modifie considérablement l'environnement des Quechuas (coupe massive de
forêts, manifestations, perturbation de la cellule familial). L'OCP traverse 94 failles
sismiques, 6 volcans actifs et 11 parcs régionaux, il y a donc de gros risques de ruptures.
En 30 ans l'Equateur a perdu 2 000 000 hectares de forêt primaire, une ethnie les Tetete a
complètement disparue et quatre sont menacées et déportées les Siona,
Secoya, Huoarani et Cofan.
Les bénéfices pour la population, les communautés indiennes sont :
- un emploi mais temporaire (1, 2 voir 6 mois et en général
ceci concerne très peu de membres des communautés)
- de l'alimentation (pour peu de jours et peu de familles)
Les communautés peuvent obtenir de nombreux bénéfices comme l'apport d'emploi,
de vivres et de l'argent en liquide, mais ceci n'est qu'un " leur ", car chacun de ses components sont
temporaires, inadéquate à la vie de la population et tous ses bénéfices
ne pourront jamais compenser les problèmes environnementaux et sociaux qui arrivent.
Impacts environnementaux :
- Destruction de la forêt primaire (rainforest)
- Atteintes graves à la flore et faune
- Réduction des cultures vivrières
- Contamination des sols
1. Les études sismiques demandent la construction de sentiers et
d'héliports dans toute la concession, des explosions souterraines doivent être faites
pour vérifier le mouvement des ondes sonores dans la terre, ses ondes permettent aux gé
ologues de détecter la présence potentielle de réserves pétroliè
res.
2. On extrait des puits exploratoires d'une profondeur moyenne de
10 000 pieds (3048m) des substances liquides et gazeuses des formations géologiques
souterraines pour déterminer leur contenu respectif en pétrole, gaz et eau. Pour
ce faire la compagnie pétrolière nettoie entre deux et cinq hectares de forêt
tropicale pour installer une plate forme de forage. (en réalité, une quinzaine
d'hectares de bois sont coupés afin de fournir le bois pour la construction)
3. Un trou dénommé " piscine " est creusé à
coté, on y
jette sans aucun contrôle tous les déchets, qui avec le temps s'infiltrent à
travers la terre et
atteignent les réserves d'eau souterraine des communautés alentour. Les quelque
42 000 gallons (158 970 litres) de pétrole extraits de chaque puits sont brûlés
à l'air libre sans tenir compte de la température ou de la pollution de l'air qui cause
des maladies de peau et de respiration à la population.
4. Les déchets abandonnés dans la " piscine " comprennent
les boues de perforation, les solvants industriels, les déchets toxiques chauds
(eau, pétrole et gaz) qui contiennent a leur tour des substances chimiques toxiques ; pour
chaque puits foré en Amazonie, une moyenne de 4 165 m3 de boues et de déchets sont
abandonnés dans des piscines à l'air libre. Les organisations indigènes depuis
de nombreuses années réclament des informations sur ses déchets, en vain.
Selon des études, les déchets toxiques sont : l'alumine, l'antimoine, l'arsenic, le
baryum, la cadmium, le chrome, le cuivre, le plomb, le magnésium, le mercure, le nickel, le
zinc, le benzène, la naphtaline, le phénanthrène etc.
Seconde altération de la nature si les entreprises détectent finalement des
quantités commercialisables de pétrole.
1. Avec le forage de puits de production ; la pollution est
considérable, car le pétrole doit être séparé (dans des stations
de séparation) de l'eau et du gaz avant d'être pompé et transporté par
oléoduc. Dans ses stations on récupère chaque jour quelques 4,3 millions de
gallons (16,2 millions de litres) de déchets liquides qui sont déversés dans
les piscines sans aucun traitement ni revêtement.
2. Puis le transport par les oléoducs, à ce stade de
nombreux risques de
pollution par les accidents ou disfonctionnements sont envisageables dûs au terrain
très volcanique et instable de l'équateur. Les valves de séparation entre
les différentes sections du pipe- line n'obéissent pas à des critères de sécurité mais à la topographie du terrain ; la distance entre 2 valves peut alors varier de plusieurs dizaines de kilomètres.
Les fuites de l'oléoduc el SOTE sont évalués selon le gouvernement
équatorien à
16,8 millions de gallons (63,5 millions de litres) - à comparer aux 10,8 millions de gallons (40,8 millions de litres) que le navire Exxon Valdez a laissé échapper.
Aucune étude sérieuse sur l'impact des
déjections pétrolières sur l'Amazonie équatorienne n'a jamais
été effectuée.
Chaque phase de la prospection, de l'exploration, du transport et du raffinage contribue
à la détérioration de l'environnement par des modifications d'ordre
physique, les produits chimiques utilisés et l'impact du produit fini lui-même.